
Stéphane Babey
Edito
Boire le calice jusqu’à la lie
Il serait absolument dramatique qu’un déséquilibré abatte Donald Trump. Non pas parce que la violence politique ne résout rien. Ni parce que ce serait un sort injuste. Mais parce que ça mettrait un terme prématuré au plus crucial acte de la tragédie qui se joue devant nos yeux.
Après un départ sur les chapeaux de roue, le président national-capitaliste des États-Unis paraissait inarrêtable. Rien ne lui a résisté durant sa première année de règne. Il a terrorisé la planète entière, fait reculer la lutte contre le réchauffement climatique d’une façon spectaculaire, provoqué un raz de marée de haine masculiniste, raciste, homophobe, transphobe, banalisé le mépris pour tout ce qui n’est pas tourné vers le profit immédiat des plus riches et l’écrasement sans pitié des plus pauvres.
Et voici que la machine se grippe. Comme d’autres fous criminels avant lui, Trump s’est laissé enivrer par le sentiment de sa propre puissance. Entourée d’une horde de lèche-cul incompétents qui n’ont pas le courage de la contredire, la
boursouflure orange commence à recevoir en pleine face les conséquences de ses décisions désespérément débiles. L’incurie de sa guerre au Moyen-Orient et l’absurdité de sa politique économique commencent à détruire son pays de l’intérieur. Sa base électorale et ses soutiens financiers l’abandonnent. Il s’endort devant les caméras et bientôt il trébuchera en descendant la passerelle d’Air Force One, comme Joe Biden dont il s’est tant moqué. Ses interminables radotages hallucinés ne sont plus perçus comme de l’assurance mais comme de la sénilité.
La machine de propagande technofasciste a beau tourner à plein régime, Trump ne fait plus illusion. Mais ce n’est pas fini pour autant. Derrière la verrue géante, une horde de petits boutons de fièvre se pressent pour défigurer la face du monde. Le déclin de l’empereur doit être documenté sous toutes ses coutures jusqu’à ce qu’il touche le fond. Sa déchéance et son infamie doivent servir à couvrir de honte tous ses adeptes. Jusqu’en Suisse.
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