
Stéphane Babey
Edito
Technologie toxique
Depuis quelque temps, la riposte des États s’organise contre la toute-puissance des GAFAM. Parti de l’Australie, le mouvement d’interdiction des réseaux sociaux avant 16 ans s’étend progressivement au monde entier. L’UE et la Suisse devraient bientôt suivre. C’est réjouissant. En tout cas symboliquement.
Car ne nous leurrons pas : ça n’aura à peu près aucun effet… Tous les experts s’accordent à estimer que les mesures proposées jusqu’ici seront inefficaces. Sans compter que ça fait vingt ans que les barons de la tech lobotomisent les utilisateurs de leurs produits, monétisent notre intimité, exploitent leurs employés, ne paient pas d’impôts, démolissent la santé mentale de la population, polarisent la société, ne respectent aucune loi, détruisent l’environnement, encouragent la radicalisation des jeunes, livrent nos enfants aux pédophiles, etc.
Aujourd’hui, ils propagent le masculinisme comme une traînée de poudre (lire ci-contre). Tout cela sans aucune conséquence pour eux. Alors ils ne vont pas tuer volontairement la poule aux œufs d’or et débrancher la grande usine mondiale à décervelage.
Agir sur la partie logicielle du problème ne marchera pas ou alors trop lentement. Il faut s’attaquer directement au vecteur privilégié de toutes les horreurs qui ciblent les gamins : les smartphones ! Il faut les interdire avant 16 ans, voire 18.
Aucun adulte sain d’esprit n’accepterait qu’on donne de l’alcool, du tabac ou de la drogue à un enfant. Et pourtant très peu d’entre eux voient un problème à ce qu’un gosse de 10 ans ingurgite des vidéos à la chaîne sur son portable. Le smartphone provoque le cancer de l’esprit, zombifie, désocialise, pollue l’espace public, annihile la capacité de concentration, déresponsabilise. Et maintenant il transforme en un éclair votre petit garçon en un matamore brailleur qui crache sur les femmes.
Si le masculinisme est toxique, la technologie qui le propulse l’est tout autant. Quand allons-nous le comprendre et protéger les enfants ?
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