
Laurent Flutsch
Edito
Nous y voilà
Bien sûr, il restera d’indécrottables bourrins pour seriner qu’il fait chaud l’été, que ce n’est pas nouveau et que le dérèglement du climat est une foutaise. Il y aura encore des politicards démagos, des affairistes cupides ou des influenceurs m’as-tu-vu pour choisir la cécité et le bobard. Mais qu’il soit naïf, borné ou cynique, le déni devrait faiblir : difficile désormais de récuser les faits sans se couvrir de ridicule. Le changement climatique se voit de mieux en mieux et c’est de pire en pire.
Vagues de chaleur à tire-larigot, sécheresse sévère, incendies déments, intempéries violentes, records battus de jour en jour et d’année en année… la réalité s’impose sans ambages, avec ses effets et méfaits sur le quotidien, la santé, l’agriculture, le paysage, la biodiversité. En août déjà, triste chanson, « les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi… »
En 1896, le Suédois Svante August Arrhenius calculait le réchauffement global lié à la combustion industrielle du charbon. Dans les années 1970, des scientifiques états-uniens alertaient la Maison-Blanche sur les dégâts climatiques dus aux énergies fossiles. Depuis 1988 sous l’égide de l’ONU, les milliers d’experts bénévoles du GIEC mesurent, compilent, projettent, prédisent au fil de rapports toujours plus précis et plus alarmants. Les mouvements verts, Al Gore, Greta Thunberg, Greenpeace, les Aînées pour le climat et tant d’autres ont tenté de secouer l’opinion et les gouvernements. Mais voilà : englués dans l’égoïsme confortable, le culte du fric ou la politicaillerie, on a largement choisi d’ignorer la réalité annoncée. La voici qui cogne, brutalement, et ce n’est qu’un début : chaud devant !
Cette crise angoissante peut favoriser les crispations fascistes qui alourdiront le désastre. Ou alors elle pourrait sonner le réveil tardif d’une vraie conscience écologique, fervente et résolue, dans les actes et dans les urnes : les rêves optimistes, ça ne coûte rien et c’est plus frais !
Nos hors-séries
Chaque année au mois de décembre, Vigousse publie un numéro hors-série thématique. Intitulé pompeusement Vigousse International, ce supplément grand format aborde des sujets essentiels comme la neige, la religion ou la pandémie avec l’ambition d’en dire le moins de choses sérieuses qu’il est possible.





















