
Sebastian Dieguez
Edito
No big deal
Cette fois-ci, c’est bon, Donald Trump a obtenu un accord avec l’Iran ! Ou alors c’est l’inverse, mais peu importe. Ne reste plus qu’à engager des pourparlers pour fignoler quelques menus détails, comme la question du nucléaire iranien, l’attitude d’Israël, la gestion du détroit d’Ormuz, les frais de reconstruction, la levée des sanctions, l’avenir du régime et de la région, etc. Des broutilles quoi… L’important, si tout va bien, c’est que dans le meilleur des cas on pourrait se retrouver avec des accords identiques à ceux négociés par Obama en 2015, et alors les bouseux du Kansas pourront à nouveau s’acheter des œufs et faire le plein sans trop se ruiner. Victoire !
À croire qu’il n’y avait même pas besoin de faire la guerre. C’est peut-être ça, le fameux « art du deal » cher à Trump. Faire n’importe quoi pour ensuite prétendre y mettre un terme tout en recommençant ailleurs. Évidemment, cette doctrine n’est pas écrite en toutes lettre dans The Art of the Deal, son best-seller sorti en 1987. Si vous ne l’avez pas lu ce n’est pas grave, Donald Trump non plus. C’est l’œuvre du journaliste Tony Schwartz, qui a fait de son mieux pour donner une syntaxe et bricoler une success-story au démocrate (à l’époque) et fils à papa new-yorkais.
Mais évidemment, tout est bidon dans ce livre, qui ne contient d’ailleurs aucun conseil de négociation (si ce n’est mentir). On y trouve néanmoins une piste pour comprendre ce fiasco iranien. Ce que Trump entend par « deal », ce sont essentiellement des arrangements douteux et temporaires qui n’apportent rien à personne et ne l’engagent pas personnellement, de sorte à pouvoir refaire pareil ailleurs. Cela donne l’illusion qu’il avance, et cette illusion peut alors être exploitée par des malfrats ou des cyniques qui y trouvent leur compte. Et c’est tout. C’est une assez bonne définition de la guerre dans le fond, l’issue logique de tout escroc qu’on choisit de laisser faire.
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