

Séverine André
Edito
Touffeur tout flamme
Vous avez chaud, très chaud, voire excessivement chaud ? Bravo : c’est la preuve que vos thermorécepteurs fonctionnent correctement. La canicule dure, et vous ne savez plus qu’inventer pour la contourner.
En page 4 de cette édition, notre rédacteur en chef – un homme pourtant fort honnête – va tenter de vous convaincre qu’il existe des astuces pour se soustraire à cette étuve.
Autant vous le dire d’emblée, c’est faux. Certes ses conseils vous permettront d’entretenir une illusion de frais l’espace de quelques secondes mais, bien vite, la réalité thermique triomphera à nouveau.
Face à la chaleur, la fuite n’est pas une solution. Ce qu’il faut, c’est y céder complètement. Abandonner toute résistance. Capituler et, l’agacement passé, se laisser fondre comme une glace oubliée sur un banc. Glisser dans son magnétoscope la vieille cassette de 37 degrés à l’ombre, relire (ou de préférence revoir) 37°2 le matin, Fahrenheit 451, enchaîner les 36.9 d’Isabelle Moncada, se farcir Jours de canicule,
100 Degree Celsius, redécouvrir Dans la chaleur de la nuit, Au cœur de la fournaise, Chaleur rouge, La chatte sur un toit brûlant, La nuit de la grande chaleur, et suivre avec ardeur tous les shows bouillants de l’été.
La seule évocation de ce programme vous file des bouffées vasomotrices ? La preuve que votre système nerveux autonome, qui génère chez vous des douleurs nociceptives à la seule lecture de mes mots, fonctionne également.
Donc par pitié, arrêtez de vous plaindre : vous êtes en bonne santé. D’ici au 21 septembre, jour officiel de la fin de l’été, le retour de la pluie et de la grisaille vous aura fait oublier cette épreuve et à la mi-octobre au plus tard, vous aurez déjà commencé à vous réjouir de l’été prochain.
Je ne suis pas Madame Soleil mais j’en mettrais ma main au feu.
Nos hors-séries
Chaque année au mois de décembre, Vigousse publie un numéro hors-série thématique. Intitulé pompeusement Vigousse International, ce supplément grand format aborde des sujets essentiels comme la neige, la religion ou la pandémie avec l’ambition d’en dire le moins de choses sérieuses qu’il est possible.










