
Stéphane Babey
Edito
Le XXIe siècle sera atomique
Alors que les USA et Israël, deux puissances nucléaires, pilonnent l’Iran, enflammant au passage le Liban et toute la région, les autres dictateurs (ou chefs d’État qui ne plaisent pas à Trump…) déjà menacés par le tas de saindoux orange doivent compter leurs abattis. Visiblement, le vieillard logorrhéique n’hésite pas trop avant de trahir ses promesses de campagne de mettre un terme aux interventions états-uniennes à l’étranger.
Qu’on se le tienne pour dit : les soldats US endossent toujours le rôle de shérifs de la planète. Voilà au moins une chose qui ne change pas et à laquelle on peut se raccrocher. Ce serait presque rassurant !
Mais est-ce que tous les tyrans sont impressionnés par cette démonstration de force ? Pas vraiment. Ceux qui disposent aussi d’un arsenal nucléaire se sentent parfaitement à l’abri de toute velléité de s’en prendre à leurs intérêts. Poutine doit même se sentir rasséréné, lui qui continue à rouler Trump dans la farine au sujet de l’invasion de l’Ukraine sans aucune conséquence. L’administration technofasciste ne s’attaque qu’aux faibles, alors le nouveau tsar russe ne risque rien.
C’est dans ce contexte on ne peut plus limpide que s’est exprimé Emmanuel Macron lundi. En annonçant l’« européanisation » de la force de dissuasion nucléaire française, le président a eu cette phrase qui restera comme un jalon de notre époque : « Dans notre monde, il faut être craint. »
Alors que l’impérialisme décomplexé est la nouvelle norme, c’est désormais open bar pour les puissances atomiques, qui peuvent s’en donner à cœur joie tant que leur prédation ne touche par leurs pairs.
Et la Suisse dans tout ça ? Ne craignez rien, notre pays a déjà pris toutes les mesures pour appliquer la même politique que durant la Seconde Guerre mondiale : survivre en étant neutre et nazi à la fois.
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