
Sebastian Dieguez
Edito
Blocher payé
Il paraît qu’on ne frappe pas un homme à terre, surtout si c’est un vieux et qu’il a eu porté des lunettes. Mais pour Christoph Blocher, on va faire une exception et lui mettre quelques tartes supplémentaires dans sa tronche si charismatique. Oh, pas par méchanceté gratuite, ni même par plaisir, mais simplement parce qu’il le mérite bien. Le mérite, pour un homme de droite, et même très à droite, ça compte pour quelque chose, non ?
Avec cette cinglante (et onéreuse) défaite pour son initiative stupide sur la neutralité, il est en effet possible qu’on commence enfin à mieux discerner la nature réelle du personnage. D’accord, la presse, unanime, a parlé de « baffe monumentale », de « débâcle », de « fiasco », de « branlée monstrueuse », de « gigantesque torgnole dans la gueule », de « pathétique loser écrasé comme une merde », mais on n’est là que dans la froide analyse objective des faits (on cite de mémoire, hein).
Il faut prendre davantage de hauteur. S’agit-il d’un fâcheux incident de parcours, d’un effet de l’âge qui lui aurait fait perdre la main, ou peut-être même, qui sait, d’un complot à l’interne, vu que l’UDC prépare de longue date l’après-tribun zurichois ? Bah, il y a une hypothèse plus simple : Blocher est un perdant, il l’a toujours été et le restera jusqu’à son dernier souffle, qui sera le dernier souffle d’un des plus grands perdants de toute l’histoire de la Suisse.
Comment expliquer autrement qu’en une quarantaine d’années de pouvoir, avec un budget illimité, son parti, malgré toutes ses rodomontades, n’ait pas amélioré la qualité de vie des Suisses ? Est-ce encore « la faute aux étrangers », ou Blocher a-t-il tout simplement échoué parce que c’est un gros perdant, un nul, un raté incompétent et un peu bête ?
On peut se poser la question, mais en attendant, attention ! Comme dans les films d’horreur les plus nazes, le méchant monstre peut toujours se relever si on ne l’achève pas correctement. Vivement les Bilatérales III !
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